Parole d’experte : entretien avec Emilie VAUTRIN – Conseil départemental de Lot-et-Garonne
Découvrez le déploiement de la plateforme de mobilité inclusive dans le Lot-et-Garonne.
Dans le Lot-et-Garonne, le Conseil départemental a engagé une démarche structurante pour développer une plateforme de mobilité inclusive, avec l’appui du Réseau Mob’In. Ce projet s’inscrit dans une volonté de mieux répondre aux enjeux d’accès à la mobilité pour les publics vulnérables, à travers une approche coordonnée à l’échelle du territoire.
Retour d’expérience avec Emilie Vautrin, coordonnatrice mobilités solidaires à la Direction des infrastructures et de la mobilité du Conseil départemental de Lot-et-Garonne.
Emilie Vautrin, Coordonnatrice mobilités solidaires au Conseil départemental de Lot-et-Garonne, interviewée par le Pôle Communication du Réseau Mob’In.
Pourquoi avez-vous structuré une plateforme départementale de mobilité inclusive et durable ?
EV : Le projet de création d’une plateforme départementale de mobilité centrée sur les mobilités solidaires s’inscrit dans la continuité d’une démarche engagée en 2021, à la suite d’une étude de mobilité locale conduite sur un territoire rural du département. Cette première analyse a mis en évidence l’existence d’une problématique forte de mobilité, constituant un frein important à l’accès aux services, à l’emploi et plus largement à l’insertion sociale.
Afin d’objectiver cette situation et de disposer d’une vision globale à l’échelle départementale, une étude complémentaire cofinancée par l’Etat et le Département a été réalisée l’année suivante. Celle-ci visait à mettre en regard l’offre de services de mobilité solidaire existante sur le territoire et la répartition des publics considérés comme vulnérables, ou potentiellement vulnérables, face aux enjeux de mobilité. Les résultats de cette étude ont mis en évidence plusieurs constats :
Plusieurs préconisations opérationnelles :
La création d’une plateforme de mobilité à rayonnement départemental, destinée à :
- Améliorer la lisibilité de l’offre,
- Faciliter l’orientation des publics,
- Structurer les actions d’accompagnement.
Cette action a été retenue comme action structurante du Plan Routes et Déplacements du Quotidien, une stratégie globale et intégrée en matière de mobilité portée par le Département à l’horizon 2030.
Pouvez-vous nous parler de l’accompagnement du Réseau Mob’In dans cette démarche ?
EV : Afin de dimensionner au mieux le dispositif, d’évaluer les coûts liés à sa création et à son fonctionnement, et d’identifier des pistes permettant d’en accompagner son évolution, le Département a fait le choix de recourir à une mission d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO). Cette AMO visait également à bénéficier du retour d’expérience d’autres plateformes de mobilité à rayonnement départemental, afin de s’inspirer de modèles existants et d’inscrire le dispositif dans la durée.
Le réseau Mob’In a été retenu pour conduire cette mission au regard de son expertise dans l’accompagnement à la création et au pilotage de plateformes de mobilité, mais également de sa capacité à associer aux travaux les partenaires et acteurs du territoire afin de faire de ce projet un dispositif partagé. L’accompagnement proposé s’est structuré autour de trois phases principales :
Une phase de diagnostic
Visant à consolider les besoins identifiés dans l’étude départementale de 2022. Elle s’est appuyée sur une enquête par questionnaire auprès des usagers ainsi que sur l’animation de groupes de travail associant les acteurs territoriaux, afin d’identifier leurs attentes, leurs besoins et les éventuelles interrogations suscitées par le projet.
Une phase d’élaboration de plusieurs scénarios
Permettant d’analyser les différentes options possibles et d’en identifier les forces et les limites.
Une phase de formalisation du scénario retenu
Validé par les instances de suivi de la mission (comité technique et comité de pilotage), sous la forme d’une trame opérationnelle destinée à préparer le lancement et le suivi du dispositif.
Les livrables remis à l’issue de la mission d’AMO définissent les principales étapes nécessaires à la mise en œuvre opérationnelle du dispositif et à l’organisation de son fonctionnement. La gouvernance proposée, claire et structurée, associe l’ensemble des parties prenantes. Les retours d’expérience apportés par Mob’In ont ainsi constitué un appui précieux pour concevoir un modèle de plateforme adapté aux enjeux du territoire et en capacité de s’inscrire dans la durée.
Les principaux enseignements tirés de cette année d’accompagnement pour le Département et ses partenaires
EV : Les enseignements tirés de cet accompagnement sont multiples. Toutefois, l’enseignement principal tiré de cet accompagnement est qu’un projet de création de plateforme, bien qu’il repose sur un portage institutionnel unique, nécessite l’implication étroite de l’ensemble des acteurs du territoire. Cette condition est essentielle pour garantir la lisibilité et la cohérence du dispositif au regard des dynamiques territoriales et pour prévenir le risque d’un dispositif insuffisamment approprié ou rapidement fragilisé.
L’association des partenaires constitue par ailleurs un levier facilitant la mobilisation de financements nécessaires à la consolidation et au développement du dispositif. Dans cette perspective, une plateforme de mobilité doit être conçue comme un outil agile, en capacité de s’adapter aux évolutions du territoire et aux besoins émergents des publics et des acteurs locaux.
Où en est le projet aujourd’hui ?
EV : Le projet de création de la plateforme se poursuit désormais par une année 2026 dédiée à sa phase de préfiguration. Cette période sera consacrée à la conception et à la mise en place des outils nécessaires à son fonctionnement, à la structuration du maillage territorial du conseil en mobilité, ainsi qu’à la définition d’une programmation pluriannuelle visant à inscrire le dispositif dans une trajectoire de déploiement et de consolidation à moyen terme.
Que diriez-vous à une collectivité qui envisage de se lancer dans un projet similaire, accompagnée par Mob’In ?
EV : L’enjeu principal, pour une collectivité souhaitant s’engager dans une telle démarche, réside plutôt dans la capacité à définir en amont une stratégie claire et structurée, inscrite dans une vision à moyen, voire à long terme, afin d’inscrire le projet dans une politique publique cohérente.
En Lot-et-Garonne, le projet s’est construit progressivement, par étapes successives. Le projet de création d’une plateforme de mobilité ne constitue pas une action isolée : il s’inscrit dans une stratégie plus globale en faveur des mobilités solidaires, qui prévoit notamment de soutenir l’élaboration de Plans d’Actions communs en faveur de la mobilité solidaire (PAMS). Ces deux démarches constituent les deux volets complémentaires d’une même politique, visant à développer les solutions de mobilité solidaire pour faciliter l’accès à l’emploi, aux soins, aux droits et, plus largement, améliorer la qualité de vie des habitants de Lot-et-Garonne.
Pour soutenir cette dynamique, le Département a fait le choix de se doter d’un coordinateur mobilités solidaires, chargé de piloter ces démarches et d’en garantir la cohérence en développant les relations avec l’ensemble des partenaires territoriaux.
Allons plus loin…
Le Conseil départemental de Lot-et-Garonne
Découvrez les actualités et les services portés par le Conseil départemental de Lot-et-Garonne !
Découvrez l’offre du Réseau Mob’In : Études et accompagnement
Mob’In appuie les territoires avec diagnostics, stratégies et accompagnement pour développer des solutions de mobilité inclusive et durable adaptées.